Ami lecteur, je me propose ici de vous raconter tout simplement ma vie.
Je suis un Oriental, né à Alep en Syrie mais installé depuis longtemps dans le Midi de la France. Je sais qu’il est bien prétentieux de vous entretenir de détails plutôt personnels. Pourtant, il m’a semblé que ma vie offrait des aperçus susceptibles d’éveiller la curiosité, aperçus auxquels je m’accroche avec l’angoisse de les voir un jour disparaître avec moi quand je mourrai.
Alfred de Vigny l’a dit : « Il faut aimer ce qui jamais ne se vivra deux fois ! », ce que j’aurai été seul à avoir connu et vécu. Car, dit encore Pascal : « C’est une chose bien pénible de voir s’en aller ce que l’on possède. »
Je veux essayer de décrire comment j’ai ressenti ma transplantation de l’Orient où je suis né à l’Occident où je vis et travaille. Quelle vision je reçois de ces deux mondes si différents. Je pense que cela peut captiver l’attention à une époque où politiciens et hommes d’affaires affolent les esprits, les armées et les bourses avec les enjeux pétroliers ou israéliens de ce Moyen Orient que je connais bien et qui m’est cher.
Puis, je désire relater une série de faits étonnants qui se sont produits dans ces pays, en ces années mêmes, auxquels j’ai été mêlé et dont je veux témoigner ; je veux parler des manifestations religieuses de Soufanieh, un quartier chrétien de Damas, et de celles de Sleimaniyé, un quartier chrétien d’Alep. Des évènements s’y sont déroulés, qui vous intrigueront, comme ils l’ont fait pour moi et qui ont inspiré le titre que je donne à ce livre.
Ami lecteur, Montesquieu disait à propos de Montaigne : « Dans la plupart des auteurs, je vois l’homme qui écrit ; dans Montaigne, je vois l’homme qui pense. »
En me lisant, j’espère que vous verrez l’homme qui cherche la vérité.
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